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Avant-propos

Transformer notre modèle

économique, libérer notre

potentiel d’initiatives

En transformant en profondeur son organisation et son modèle de développement, la CCI Paris Île-de-France entend conforter pleinement son rôle de partenaire de confiance des entreprises et poursuivre avec la même détermination son engagement au service de la formation et de la dynamique économique sur son territoire.

Le mouvement des « gilets jaunes » qui s’est prolongé durant le premier semestre 2019 puis les grèves dans les transports en fin d’année ont fortement affecté l’activité de nos entreprises et tout particulièrement des commerçants, restaurateurs parisiens et professionnels du tourisme. Comment la CCI Paris Île-de-France a-t-elle réagi face à ces difficultés ?

Nos élus et nos conseillers ont été très présents sur le terrain pour soutenir les commerçants et les entreprises dont l’activité avait été frappée de plein fouet par les conséquences des mouvements sociaux. Nous les avons accompagnés dans leur démarches et sommes intervenus auprès des pouvoirs publics pour que des mesures d’urgence soient mises en place le plus vite possible pour éviter à ces entreprises l’asphyxie. Une grande campagne de communication destinée à soutenir la fréquentation dans les commerces parisiens a également été lancée à l’initiative de la CCI puis reprise ensuite au plan national. Cette relation de proximité avec les entreprises, cette capacité à réagir rapidement sur le terrain dans des situations de crise est profondément inscrite dans l’ADN des Chambres de commerce et d’industrie.

C’est dans le même esprit que tous nos élus et services sont actuellement mobilisés pour informer et accompagner les entreprises qui doivent aujourd’hui affronter les conséquences économiques et sociales d’une crise sanitaire sans précédent. Fidèle à notre mission, nous avons mis en place des initiatives spécifiques pour assurer la continuité de nos activités en permettant par exemple aux entreprises d’effectuer de nombreuses démarches via des plateformes dématérialisées, aux jeunes d’effectuer en ligne leur inscription dans nos écoles et à nos étudiants de suivre des cours à distance.

Didier Kling

Président de la CCI Paris Île-de-France

Cette année a été particulièrement engageante pour la CCI Paris Île-de-France mais aussi riche en termes de résultats, d’initiatives ou de lancements de projets…

Dans le domaine de la formation, nos écoles se sont une nouvelle fois illustrées par la qualité de l’insertion professionnelle en fin de cursus. Aujourd’hui, plus 90 % des diplômés de nos écoles ont un emploi au bout de 7 mois.

Nous avons également été  retenus par les pouvoirs publics dans le cadre de l'appel à projets de prépa-apprentissage. Cela confirme que notre implication et nos savoir-faire dans le domaine de l’apprentissage sont reconnus au plan national.

L’année 2019 a été marquée également par le lancement de nouveaux programmes. Nous avons mis en place un pôle de formation en travaux publics à Jouy-en-Josas en partenariat avec la FRTP Île-de-France, complété notre dispositif de formation sur les métiers du ferroviaire à Aubergenville, initié un partenariat de formation prestigieux entre Gobelins et l’école Polytechnique, posé la première pierre de nouveaux bâtiments pour l’ITESCIA et l’ESSEC Business School, dans le cadre de son programme Campus 2020.

Nous avons signé une nouvelle convention d’objectifs et de moyens avec le Préfet de région qui constitue l’un des piliers fondateurs du nouveau modèle d’intervention des CCI d’Île-de-France, dans son concours à la réussite des politiques publiques auprès des entreprises. Cette convention structure notre travail avec les services de l’Etat dans les trois ans qui viennent dans le cadre de notre mission de service public et d’intérêt général vers les entreprises. Des partenariats ont par ailleurs été noués avec différentes institutions publiques ou collectivités locales.

Dans ce cadre, nous avons multiplié les initiatives pour accompagner encore davantage les TPE-PME et les commerçants en matière de transformation numérique, à l’image de la Boutique Connectée qui s’est déplacée sur l’ensemble du territoire pour aller au-devant des commerçants avec l’appui des collectivités locales, pour les encourager à saisir les opportunités offertes par le digital. Aux côtés de la Région, la Chambre entend conforter cette action par le déploiement du chèque Numérique.

Nous sommes soumis encore à de fortes turbulences mais tous ces exemples montrent que notre maison continue à se développer et à innover à travers les différentes interventions décrites dans ce rapport d’activité.

Stéphane Fratacci

Directeur général de la CCI Paris Île-de-France

La CCI Paris Île-de-France a choisi néanmoins de se transformer en profondeur en s’appuyant sur un nouveau modèle d’organisation et de développement. Pour quelles raisons ?

Nous devons nous adapter aux grandes mutations de notre économie et de notre société, prendre acte du nouveau cadre qui régit désormais notre activité mais aussi affronter la réalité d’une situation financière de plus en plus contrainte pour les Chambres de commerce et d’industrie.

La Loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel a modifié en profondeur notre marge de manœuvre dans le domaine de la formation et tout particulièrement pour ce qui concerne le financement de l’apprentissage.

La Loi Pacte a transformé par ailleurs l’organisation du réseau consulaire et confié davantage d’autorité à la tête de réseau en particulier pour l’affectation des ressources aux Chambres de régions.

Les dernières Lois de Finances votées par le Parlement se sont inscrites dans cette trajectoire. Les ressources fiscales des CCI dans leur ensemble s’élevaient à 1,4 Md€ en 2013. Elles sont passées à 750 M€ en 2017 et passeront à 350 M€ en 2022.

La Chambre a pris toute la mesure de ce changement de paradigme en repensant en profondeur sa stratégie et son organisation.

Nous souhaitons également agir au plus près des attentes des entreprises par une offre de services plurielle associant des services d’intérêt général et des prestations à valeur ajoutée payantes. Nous avons aussi redéfini le rôle des CCI dans les départements en leur confiant, au-delà de l’appui territorial, le développement de pôles d’expertise spécifiques qui seront mis à la disposition de l’ensemble du réseau régional.

Nous avons ainsi défini une dizaine de domaines d’action stratégiques que nous déployons autour des axes prioritaires de la convention d’objectifs et de moyens signée avec l’Etat. Cette offre de services vise l’entrepreneuriat ; l’appui aux entreprises dans leurs mutations numériques, sur le financement, l’emploi-RH, le développement durable ; mais aussi l’accompagnement à l’international avec la mise en œuvre en Île-de-France de la Team France Export co-pilotée avec Business France ; la représentation des entreprises avec la réalisation de diagnostics et enquêtes pour une meilleure connaissance du tissu économique territorial et des entreprises ; et enfin l’appui aux territoires en faisant émerger des projets partenariaux, en accompagnant les commerces et la dynamisation des centres-villes et en animant des réseaux collaboratifs entre entreprises.

RESSOURCES FISCALES

DES CCI

1,4 Md€

EN 2013

750 M€

EN 2017

350 M€

EN 2022

Sur quoi repose cette nouvelle stratégie ?

L’objectif du projet de transformation de la CCI Paris Île-de-France est double. Il doit nous permettre de renouveler notre contribution au développement des entreprises, de notre territoire en étant plus proche de leurs besoins tout en assurant la pérennité de nos activités et de leur financement.

En restant fidèle à son ADN et sa raison d’être – celle d’un établissement public au service de l’intérêt général gouverné par des chefs d’entreprise – la CCI Paris Île-de-France amorce une rupture économique et culturelle forte en adossant désormais son modèle de développement sur un écosystème à la fois public et privé. Au-delà de la ressource publique, le financement de nos activités doit désormais s’appuyer majoritairement sur nos clients et la conclusion de partenariats.

Au-delà de la ressource publique, le financement de nos activités doit désormais s’appuyer majoritairement sur nos clients et la conclusion de partenariats.

Didier Kling

Président de la CCI Paris Île-de-France

Une nouvelle CCI s’appuyant sur de nouvelles entités juridiques va voir le jour au 1er janvier 2021. Pouvez-vous nous en donner les principales caractéristiques ?

La nouvelle CCI vise à bâtir un véritable groupe avec des entités ouvertes aux collaborations pour l’apport de nouveaux moyens, autour d’une gouvernance privilégiant l’intérêt général.

Sa mise en œuvre passe par la création de plusieurs établissements d’enseignement supérieur consulaires (EESC) pour les activités de formation dont le statut juridique posé par la Loi Mandon garantit le contrôle majoritaire par la CCI Paris Île-de-France.

Nous allons tout d’abord constituer un nouveau groupe éducatif (*) articulé autour de six filières de formation pour répondre à deux enjeux majeurs : d'une part, proposer une offre de formations toujours plus adaptée aux compétences recherchées par les entreprises, garantissant l’insertion professionnelle et, d'autre part, favoriser la croissance des effectifs de formation initiale comme de formation continue d’ici 2023, consolidant ainsi sa position concurrentielle. 

La CCI Paris Île-de-France s’est engagée par ailleurs dans la construction d’un Groupement d’Intérêt Economique (GIE) pour les fonctions supports, qui doit permettre d’apporter une réponse opérationnelle à la tension entre réalité budgétaire et exigence d’excellence à laquelle la CCI souhaite continuer à répondre. La Chambre de région, les CCI de l’Essonne et de Seine-et-Marne et les EESC s’appuieront sur ce nouvel ensemble de services mutualisés. Dans un second temps, le GIE pourra être ouvert à d’autres établissements publics dont les caractéristiques sont comparables à celles de la CCI.

(*) Le nouveau groupe éducatif intégrera également HEC Paris, ESCP Business School ainsi que l’ESSEC Business School, l’UTEC (CCIT 77) et la Faculté des métiers de l’Essonne (FDME). 

La nouvelle CCI vise à bâtir un véritable groupe avec des entités ouvertes aux collaborations pour l’apport de nouveaux moyens, autour d’une gouvernance privilégiant l’intérêt général.

Stéphane Fratacci

Directeur général de la CCI Paris Île-de-France

Quelles sont vos priorités à court et moyen terme ?

Notre premier défi est de retrouver à l’horizon 2022 un équilibre financier soutenable au niveau de l’exploitation et ce, sur nos quatre grandes missions : l’appui aux entreprises, la mission consultative, la formation et l’activité congrès et salons. Pour maintenir le haut niveau de qualité qui est le nôtre dans ces différents domaines, répondre aussi aux objectifs de l’Etat - car nous avons une exigence de résultats - et libérer notre capacité à engager de nouveaux projets de développement, la Chambre doit nécessairement retrouver une marge de manœuvre suffisante en matière d’investissement. La filialisation de certaines de nos activités est au centre de cette stratégie. Elle va nous permettre d’associer à notre développement des partenaires publics et privés, la Chambre restant dans tous les cas de figure majoritaire dans le capital de ses nouvelles filiales.

Cette nouvelle CCI, portée par la mobilisation de ses élus et de ses collaborateurs, cette capacité à renouveler notre modèle nous offre l’occasion de réaffirmer haut et fort notre positionnement dans nos différents domaines d’expertise. Nous souhaitons assurer un avenir durable à notre établissement car nous sommes convaincus que nous avons encore beaucoup à apporter à notre région, à nos entreprises et aux jeunes de notre territoire.

Nous souhaitons assurer un avenir durable à notre établissement car nous sommes convaincus que nous avons encore beaucoup à apporter à notre région, à nos entreprises et aux jeunes de notre territoire.

Stéphane Fratacci

Directeur général de la CCI Paris Île-de-France

La France, comme la plupart des pays de la planète, traverse actuellement une crise sans précédent qui bouleverse totalement l’activité économique de nos entreprises et la vie quotidienne de leurs salariés. Comment gérer demain l’après crise ? Quel rôle les CCI entendent –elles jouer dans ce contexte ?

Cette crise sans précédent, qui n’est pas encore derrière nous, hélas, est d’une violence inouïe. Du jour au lendemain, c’est l’ensemble de l’économie mondiale qui a dû être mis à l’arrêt. La production industrielle en France s’est effondrée de 35 %, ce que l’on n’avait pas vu depuis l’après-guerre ! Le plan d’urgence mis en place par les pouvoirs publics que nous avons relayé au niveau régional a permis de soutenir des milliers de TPE, PME ou commerces menacés d’asphyxie financière. Demain, il va nous falloir gérer la phase de réveil de toute une économie actuellement sous perfusion.

C’est un défi collectif qui associe au quotidien et dans un même élan les services de l’Etat, les chambres consulaires, les fédérations professionnelles mais aussi l’ensemble des régions et des collectivités territoriales. C’est aussi un défi à haut risque pour nos entreprises qui n’ont encore aucune visibilité sur l’état réel de leur marché et de leurs carnets de commandes futurs. Pour le long terme, nous appelons de nos vœux la mise en place, au-delà des mesures de sauvegarde qui ont été prises dans l’urgence, d’un véritable plan de relance de notre économie qui, nous l’espérons, permettra aux entreprises de renouer durablement avec la croissance.

Cette crise sans précédent, qui n’est pas encore derrière nous, hélas, est d’une violence inouïe.

Didier Kling

Président de la CCI Paris Île-de-France